01
Déc
09

Songe à l’américaine

Suite et fin du chapitre 1

(Pour lire le début, cliquez sur « Roman » juste en haut de cette page)

De plus, folle de vélo, j’étais blasée non seulement de l’état piteux des routes d’ici mais surtout, de l’attitude générale des automobilistes québécois envers les cyclistes. Comme si nous n’avions pas notre place sur les routes de la belle province. Pas du tout les bienvenus. Je le prenais un peu personnellement. Aucun respect, des paroles teintées de frustration voire même  d’agressivité.  À chaque sortie, victime d’intimidation,  je me retrouvais presqu’en danger de mort, coincée entre la fin du pavé et l’accotement en terre ou en gravelle. Un cri, une insulte, un coup de klaxon, un dépassement dangereux, une accélération soudaine, un coup de volant nonchalant.  N’importe quoi mais dans quel but? Simplement pour me surprendre,  me faire perdre les pédales, provoquer une chute? Comme si, tellement vulnérable sur mon vélo, je représentais l’once d’une menace pour certains automobilistes, ces maîtres incontestés de la route. C’était pourtant le contraire. Avais-je vraiment une chance face à une voiture? Plus le degré de tolérance d’un conducteur diminuait, plus les risques de me blesser gravement augmentaient.  Ainsi, partager la route, un mythe au Québec.  Si seulement le gouvernement pouvait suivre l’exemple de Bill Ritter, gouverneur de l’état du Colorado, qui fit passer une loi afin de  protéger les cyclistes. Lui au moins avait compris qu’il suffisait de laisser 3 pieds entre un véhicule et un cycliste pour assurer  un dépassement sécuritaire pour ce dernier. Logique pourtant.

 Aussi, il me semblait que mon existence serait bien moins compliquée sans les inconvénients occasionnés par notre super climat québécois. Ce n’était pas que je détestais l’hiver mais plutôt les mois qui le précédaient et lui succédaient. Je pouvais facilement vivre sans le temps moche, pluvieux et gris de novembre. D’un ennui mortel. Et bien sûr que le temps glacial de janvier qui empêche le moteur de ta voiture de démarrer n’aidait pas ma cause. Sans compter la note d’Hydro-Québec, assez juteuse merci!

Et de la xième saison de Virginie dont je pouvais franchement me passerAucun regret.

 Quatre mois de réflexions. Le doute se transforma d’abord en  possibilité puis en opportunité. L’impression de pouvoir changer ma destinée. Fini les tuques,  les manteaux de plumes, les bottes doublées, les gants de ski, les pneus d’hiver et les démarreurs à distance, nocifs pour l’environnement de toute façon. À bas le chauffage et longue vie aux gougounes!


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